Pendant ces périodes d’examen de fin du premier trimestre, aucun parent ne manquait de stress ou même d’une certaine inquiétude pour le bon déroulement des examens de ses enfants. La grande épouvante d’un parent est certainement la découverte, réelle ou suite à un faux diagnostique, de quelques difficultés scolaires chez son enfant.
Mais, faut-il toujours le rappeler, qu’il ne faut jamais tirer des conclusions pour hâtives concernant la santé mentale de son enfant. En effet on ne peut parler de difficultés scolaires ou d’apprentissages chez son enfant que suite à des critères bien définis par les spécialistes, docteurs et psychologues. Ces derniers sont les plus habiles à avoir les outils pour dépister et évaluer ces difficultés et à mettre en place les moyens adéquats pour rétablir la situation normale.
Il faut savoir qu’une difficulté scolaire, se traduit par des résultats insuffisants et, par réaction, s’accompagne souvent de comportements difficiles: passivité, inactivité ou agitation, agressivité, voire violence. Et même dans le cas de ce premier constat il faut que ça soit un phénomène qui a duré une certaine période. Pour dresser un tableau fiable sur la santé de votre enfant écolier, il est nécessaire de se faire aider par un spécialiste en la matière, car il peut s’agir simplement d’une réaction momentanée et inconsciente de votre enfant à une cause qui n’a aucun rapport avec ses capacités mentales ou cognitives.
Les causes de la difficulté scolaire sont multiples : élèves maîtrisant mal la langue, élèves de milieu défavorisé qui ne bénéficient d’aucun soutien à la maison, élèves ayant un retard mental, élève ayant des problèmes affectifs ou psychologiques, ou ayant une mauvaise estime de soi et un manque de confiance en lui, élève atteint d’handicaps ou de maladies, élève présentant des troubles du comportement. Tous ces causes sont susceptibles, une ou plusieurs, d’être la source des difficultés.
Une fois que le parent est sûr de la réalité des difficultés de son enfant, c’est alors le rôle du parent de prouver son savoir faire, et de faire preuve d’une certaine conscience et connaissance.
Le comprendre
Il est impératif de ne pas laisser son enfant seul face à cette dure épreuve dont il ressent la lourdeur autant que ses parents, même s’il ne peut montrer ou exprimer son désarroi. Le sentiment de solitude psychique ressenti par le petit écolier ou même un élève d’âge plus élevé, pourrait bien aggraver la situation de difficulté en entrainant la perte de confiance et de l’estime de soi.
Les parents doivent être en mesure de comprendre que les difficultés font partie du parcours scolaire. Ce sont elles qui permettent d’activer les compétences de l’enfant. On ne parlera vraiment de difficultés qu’à partir du moment où celles-ci perdurent, au-delà de quelques mois ou d’une année entière, et qu’elles viennent pénaliser le rapport aux apprentissages, en entamant la confiance en soi, et la motivation de l’enfant.
Il ne faut surtout pas accabler l’enfant. Ne pas le stigmatiser en lui demandant de travailler davantage, d’arrêter totalement de jouer pour réussir !!, toutes ces formules prêtes ne feront qu’aggraver sa situation en se sentant culpabilisé. Répéter à votre enfant que ses résultats scolaires sont inacceptables ne fera que renforcer sa résistance à se remettre dans la dynamique des apprentissages. Encore, réviser le cours dix fois avec l’illusion que la répétition va produire de meilleurs résultats est aussi illusoire.
Votre enfant, soyez en sur, ne fait pas exprès d’échouer. Il est comme tout le monde, il a envie de réussir. Un enfant qui est en difficultés scolaire est d’abord un enfant en souffrance, et ses parents doivent être les premiers à en être conscient. La cause des difficultés n’est certainement pas la paresse, car Il n’y a pas vraiment d’enfant paresseux. S’il ne veut pas travailler c’est d’abord pour éviter d’être confronté à ses difficultés et protéger son estime de soi.
L’aider
il est essentiel de comprendre d’où viennent ses difficultés. Les parents peuvent consulter les enseignants, dans une démarche bienveillante afin de savoir de quoi leur enfant a besoin, pour que les choses s’améliorent. Rassurer l’enfant en restaurant la confiance dans ses parents comme les personnes les plus capables de l’aider est primordial. À partir du moment où il se sent compris et entendu, il exprime sa souffrance et c’est à ce moment précis et crucial que commence la féconde démarche et la vraie solution. N’oublions pas que les difficultés scolaires sont des difficultés tout court et ne doivent pas être conçues comme une invalidité irréversible. Si celles-ci sont trop importantes, les parents peuvent aussi s’adresser à un spécialiste pour adapter la méthode de redressement aux degrés des difficultés.
Si un diagnostique scientifique de difficultés scolaires est définitivement établi, alors on passe aux approches physiologiques et fonctionnelles. Concrètement, il peut y avoir des dysfonctionnements au niveau cognitif, comme tous les troubles connues par la médecine et sont tout à fait guérissables ou dans le pire des cas gérables :
- la dyslexie(1)
- Dysgraphie(2)
- la dysorthographie(3)
- la dyscalculie (4)
- Dyspraxie(5)
Les troubles psychologiques très simples, peuvent aussi être graves s’ils sont mal traités. Ainsi une fragilité de la confiance en soi, peut avoir une incidence directe sur les apprentissages. Non pas parce qu’il faut avoir confiance en soi pour réussir, mais parce que le déficit de confiance rend très sensible au stress et que celui-ci a un effet physiologique sur la mémoire de travail. Il s’agit d’une petite entité au niveau des fonctions cognitives supérieures qui a pour mission de stocker temporairement ce qu’on entend, ce qu’on voit, puis d’analyser et d’associer ces informations à ce qui a déjà été appris avant de les envoyer dans la mémoire à long terme. Mais lorsque l’enfant est stressé, même s’il ne s’en rend pas toujours compte comme l’adulte, il va produire une quantité élevée de cortisol(6) qui va venir occuper cet espace de traitement des informations et brouiller les pensées. La faute des parents et même de certains enseignants, c’est qu’ils ne tiennent pas assez compte de ce phénomène physiologique.
Aimons la vie…
Evitons à nos petites perles, le stress en cette fin de trimestre !!!
(1)Trouble de la capacité à lire ou difficulté à reconnaître et à reproduire le langage écrit.
(2)Difficulté à reconnaître et à reproduire le langage écrit.
(3)Trouble dans l'acquisition et la maîtrise des règles de l'orthographe.
(4) Trouble du calcul ou Trouble d'apprentissage en mathématique.
(5) Un trouble de la coordination visuo-motrice. Il s’agit d’un mauvais ajustement entre ce que l’œil perçoit et l’ordre qui est donné au cerveau, et ce décalage provoque toutes sortes de maladresses. C’est un trouble très facile à rééduquer, mais il passe souvent inaperçu car l’enfant est vite catalogué comme un paresseux qui ne veut pas faire d’efforts.
(6)Est une hormone stéroïde (corticostéroïde) sécrétée par la glande surrénale, cette hormone stimule l'augmentation du glucose sanguin ; elle permet donc de libérer de l'énergie à partir des réserves de l'organisme.
La rédaction WLEDI



